_à propos_
La liste des courses
Ainsi ma journée a commencé, suite de tâches exaltantes dans la vie romantique, excitante et puissamment créatrice de l'écrivain. D'abord la liste des courses.
John Fante, Mon chien Stupide
Il y a des gens qui rangent leur vie en chapitres nets. La mienne tient plutôt dans une liste de courses : une suite d'envies et de nécessités sans rapport évident, notées à la suite, et qui finit quand même par dessiner quelqu'un.
Pour moi, il y a presque toujours eu des mots, dans des livres, dans des films, dans des chansons. Car une liste de courses ne dit pas seulement qui l'on est : elle dit aussi ce dont on se nourrit. Celle d'hier raconte d'où l'on vient, celle d'aujourd'hui trahit déjà les lignes droites et les virages, celle de demain n'existe pas encore mais se laisse deviner à travers toutes les autres.
Dans le désordre, donc, puisque c'est ainsi qu'une liste s'écrit. J'ai passé une vingtaine d'années dans l'événementiel : l'organisation, la régie, les salons et les festivals, un métier où l'on tient mille fils à la fois et où rien ne doit casser le jour J. Avant cela, j'avais écrit et réalisé quelques scénarios. Au milieu de tout ça, j'ai publié deux romans pour la jeunesse aux éditions du Rouergue, deux, c'est un peu court pour se prendre pour un écrivain, mais bien assez pour prouver que la phrase et moi, on se fréquente depuis un certain temps. Et, un peu à la marge, presque sans y penser, je m'étais mis à bricoler le web.
Aujourd'hui, j'écris pour le web. C'est mon métier, mon quotidien : des pages, des articles, du contenu qui doit faire deux choses à la fois, se lire, d'abord ; se trouver, ensuite.
Ce n'est pas un virage sec au milieu d'une ligne droite, ni vraiment un changement de cap. C'est la même liste de courses qui se poursuit : les mots, sous une autre forme. C'est d'ailleurs le nom d'une rubrique du blog, et ce n'est pas un hasard. Une liste, de toute façon, ne se referme jamais tout à fait, il reste toujours une ligne à ajouter en bas.
La réponse est oui
Posons tout de suite la question que personne n'ose poser mais que tout le monde se pose : est-ce que j'utilise l'intelligence artificielle pour écrire ? La réponse est oui.
Pas comme un distributeur automatique où il suffirait de glisser une pièce pour récupérer un paragraphe tout prêt. Comme un partenaire d'entraînement. Avec elle, je joue au ping-pong : je lance une idée, l'outil me la renvoie, parfois en douceur, parfois en smash que je n'avais pas vu venir et qui me force à mieux jouer le coup suivant. Sauf que, dans cette partie, j'occupe deux postes à la fois : le joueur et l'arbitre. C'est moi, et personne d'autre, qui décide si le point est bon. Une phrase juste, je la garde ; une phrase qui sonne creux ou faux, je la renvoie au vestiaire, qu'elle vienne de la machine ou de moi.
Parce qu'une intelligence artificielle n'a pas de voix. Elle en imite mille, ce qui revient exactement à n'en avoir aucune. La mienne a le même âge que moi : trente ans de mots derrière elle, et deux romans qui traînent quelque part dans un rayon jeunesse. C'est cette voix-là qui valide le point, jamais l'inverse.
Et maintenant ?
Je ne me suis pas mis en sommeil le temps de me refaire une façade. Je me suis réorienté sans fermer boutique. Les anciennes versions de moi tournent encore (le goût des mots, l'art de tenir plusieurs fils sans en lâcher un seul) les unes en devanture, les autres dans l'arrière-boutique. Et cette devanture, au fond, je la traite comme une page web : je la reprends, je la réagence, je rallume ce qui restait dans l'ombre, jusqu'à ce qu'elle tienne.
Parce que c'est exactement ce que je fais, désormais, de vos pages : qu'elles remontent dans les moteurs (les classiques comme les génératifs) et qu'elles donnent envie de rester une fois qu'on y a atterri.
Le blog de ce site en est la meilleure preuve que je puisse donner. Il ne vend rien ; il montre. Allez le lire : en trois paragraphes, vous saurez si ma façon d'écrire peut servir la vôtre.
Le reste (ce que je fais exactement, comment, et pour qui) se trouve sur la page des services. Le mieux, sans doute, sera d'en parler. L'atelier est ouvert, pendant les travaux, et pour les vôtres.
Olivier Pouteau, Nantes